Française, interne en médecine générale, maman de 2 enfants et musulmane, je vais tenter à travers mon blog d’apporter une infime part à l’humanité: anecdotes, conseils santé, informations, expériences, états d’âmes, tribulations, débats… Bienvenue sur mon site TheHijabiDocToBe à travers mes péripéties quotidiennes de future Dr en médecine si tout va bien, dans ce monde où rien ne va…

France

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Billet d’humeur | Novembre 2019.

Attentat à la mosquée de Bayonne.
Mère voilée humiliée devant le pays entier.
Paroles islamophobes décomplexées à toute heure, en pleine antenne nationale.
L’ambiance actuelle en France me donne presque la nausée.
Musulmane et voilée, attaquée pour ce que je suis en permanence ces derniers temps, j’éprouve de plus en plus de mal à trouver ma place parmi mes concitoyens. De quoi te plains-tu diront certains quand d’autres se demandent pourquoi je m’impose une humiliation à vivre dans ce pays. Alors, oui j’ai un toit, je me couche le ventre plein, en sécurité. Je dispose d’une liberté apparente d’expression. Et pourtant. Dans ce pays, on se demande (sans moi) sans cesse si le bout de tissu sur ma tête m’autorise à être une citoyenne comme les autres. Ou une de seconde classe.
Alors, parfois, il est un temps où le recul est nécessaire. Plutôt que de dire ou faire n’importe quoi.
Besoin de silence dans ce brouhaha incessant. Besoin d’un temps de pause dans cette course incessante.
Alors, on se met à rêver d’autres horizons. On rêve de pays où il fait plus paisibles à vivre. Et puis, à peine la télévision allumée, la radio démarrée, l’internet activé, voilà les informations par milliers qui nous tombent dessus. Des informations dont on se soucie moins et qui devraient pourtant attirer toute notre attention, reflétant le triste sort du monde actuel: la catastrophe écologique vers laquelle nous marchons, dont cette marée noire au Brésil, avec un écosystème perturbé sur 2000km de côtes. Le terrorisme, sans religion, sans foi, qui continue de sévir avec une attaque, revendiquée par DAESH, ayant conduit à une cinquantaine de morts au Mali. D’ailleurs leur chef emblématique, Al-Baghdadi, aurait été tuée lors d’un raid mené par l’armée américaine. Et puis, on se rend compte que, partout dans le monde, chaque pays lutte soi même avec ses problèmes. La terrible crise sociale que traverse le Chili. Les élections crispées en Bolivie. Un premier ministre qui démissionne au Liban, après plusieurs semaines de manifestations, dans un contexte de crise socio-économique. Manifestations violentes à Hong Kong. Opération turque au nord de la Syrie. Milices sévissant en Aghanistan. Gouvernement instable en Irak, des centaines de morts en un mois. Des morts. Partout des morts. Toujours des morts. Toujours ces mêmes pays enlisés dans leurs guerres dont les victimes, sous silence de la communauté internationale, se meurt lentement et terriblement: Yemen, Syrie, Chine, Birmanie et tant d’autres… Et ces victimes qui fuient, dans l’espoir de trouver ailleurs un peu de sécurité, qui deviennent ces réfugiés dont personne ne veut. D’ailleurs, la Grèce a récemment durci ses conditions d’accueil. Et quand ce n’est pas l’homme le coupable, c’est la nature qui nous rappelle que les épreuves sont inscrites dans nos vies: incendies, tremblements de terre, crises sanitaires. Tellement d’informations. On ne sait plus où en donner de la tête.
Et nous, dans tout ça? A niveau individuel ? Que faisons-nous ? Nous sommes nous mêmes embourbés dans nos soucis quotidiens, parfois si superficiels en regard de ce que nos concitoyens du monde peuvent vivre. Dans notre léthargie. Dans notre torpeur. Dans notre déni.
Honnêtement, je suis lasse et usée de cette ambiance nauséabonde. L’actualité chaque jour ne cesse de nous attrister. Ou pas. Nos coeurs devenus insensibles. Il se passe tout. Et partout. Nous masquons les pires horreurs avec les filtres de la superficialité des réseaux sociaux. Nos rapports humains n’ont jamais été aussi fragiles dans ce monde où les plus solides barrières sont avant tous dans nos têtes. Au bord d’une falaise, nous vivons nos vies à cloche-pied. Et pourtant… J’essaie de rester optimiste, folie humaine? Je suis convaincue, plus que jamais, qu’avant de changer ce monde aux apparences catastrophiques, on peut chacun apporter notre petite contribution positive. Nous reculer du précipice. Motivons-nous pour nos enfants. Soyons l’exemple de ce que nous voulons pour ce monde. Et puis à un moment, ça marchera. Il faut le croire. Notre survie en dépend. Nos coeurs aussi. Alors, oeuvrons. Quand nous avons à nos côtés Celui qui peut Tout, celui qui par un souhait crée l’Univers infini et les âmes qui s’y trouvent, comment peut-on désespérer ou faillir? Al hamdouliLlah.
Signée: Iman, thehijabidoctobe. une française musulmane voilée. 11 novembre 2019.
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