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Hygiène intime et mycose vaginale

Article écrit initialement pour Imane Magazine. Dernière mise à jour mai 2019.

Pertes qui ne sentent pas très bons, zone sensible qui ne fait que gratter, gêne en allant aux toilettes… les pertes non sanglantes, autrement appelées leucorrhées dans le jargon médical, issues de l’appareil génital de la femme peuvent très vite devenir un calvaire au quotidien quand elles sont la conséquence de pathologies. Aujourd’hui, on va parler de la mycose vaginale, l’une des infections les plus fréquentes, comment la traiter mais surtout comment s’en prévenir.

Définitions

Avant toute chose, il faut savoir reconnaître les leucorrhées physiologiques, qui ne sont que le résultat de la desquamation des cellules vaginales et des secrétions de la glaire cervicales. Elles ne sont ni odorantes, ni colorées, ne provoquent aucune démangeaison et sont donc tout à fait normales. A savoir, que le vagin est un écosystème dynamique où coexistent plusieurs germes en équilibre. Cette flore vaginale évolue selon l’âge, la période du cycle et la contraception.

Malheureusement, cette flore va être perturbée par des événements qui vont amener des pathogènes (bactéries, parasites, virus etc…) ou qui vont diminuer son action protectrice contre les agents microbiens : grossesse, prise d’antibiotiques, pratiques sexuelles à risques ou avec multiples partenaires, infection d’un stérilet ou au décours d’un bloc opératoire etc… Concentrons-nous aujourd’hui sur cet agent microbien le plus commun provocant les mycoses : le candida albicans, une espèce de champignon, qui existe déjà dans le vagin mais en très faible quantité. C’est son augmentation accrue qui amène les différents symptômes.

Comment savoir que mes leucorrhées sont pathologiques et aller consulter ?

  • Couleur inhabituelle, abondance importante, mauvaise odeur
  • Apparition récente, brutale
  • Démangeaisons, brûlures
  • Saignements associés
  • Apparition dans certaines circonstances:
    • après un rapport sexuel
    • après un traitement antibiotique
    • lors d’une grossesse
    • port d’un stérilet
  • Signes éventuels chez le conjoint

Mycose, qu’est ce c’est ?

Les mycoses sont très courantes, et environ 3 femmes sur 4 font au moins un épisode dans leur vie. Elles sont très souvent causées par les grossesses ou antibiothérapie, qui sont des événements rendant plus fragile la flore vaginale ou encore apparaissent lors des premiers rapports sexuels. De plus, cette infection est hormono-dépendante, il est donc rare de développer une mycose avant la puberté et après la ménopause. Les pertes sont blanches, caillebottées (comme du lait caillé), grumeleuses, tapissant les parois du vagin.

Droits réservés.

Facteurs de risque amenant à développer une mycose :

  • Port de sous-vêtements synthétiques
  • Port de pantalons trop serrés
  • Port de protège-slips qui assèchent la muqueuse
  • Présence d’un diabète
  • Déficit immunitaire quand on est malade
  • Modifications hormonales (règles et grossesse)
  • Mauvaise hygiène ou hygiène trop importante
  • Stress

Symptômes

Le symptôme essentiel est le prurit (le fait de se démanger). Il est particulièrement intense voire intolérable, et parfois entraîne des difficultés et brûlures lors des mictions urinaires. La vulve est sèche, gonflée, rouge vif avec de fréquentes lésions de grattage. Les rapports sexuels deviennent de plus en plus douloureux. Ainsi, quand on présente une mycose, on ne peut pas la rater, c’est extrêmement dérangeant dans la vie d’une femme !                               

Traitements

Le traitement le plus prescrit est un traitement local antifongique (anti-champignons) où il sera donné une pommade à appliquer quelques jours sur l’ensemble de la vulve ainsi qu’une ovule (forme de suppositoire mais qui s’introduit dans le vagin), à mettre la nuit, parfois en plusieurs prises, c’est un traitement très efficace ! Il existe aussi un traitement par voie orale, et donc qui passe par le sang et qui va ensuite avoir une action au niveau de la muqueuse vaginale, mais moins souvent prescrits car moins efficace que le traitement local.

Le traitement, malheureusement, peut parfois ne pas marcher, cela peut être du à plusieurs raisons :

  • Le médicament n’est pas pris comme prescrit.
  • L’infection est due à une forme très résistante du Candida.
  • La femme est atteinte du diabète ou a un système immunitaire affaibli.
  • Il ne s’agit pas d’une mycose vaginale.

Il ne faut alors pas hésiter à re-consulter la gynéco ou le médecin traitant pour essayer de comprendre ce qui se passe.

Conseils préventifs

Droits réservés.

Pour ne pas de nouveau être contaminée par ce champignon ou tout simplement que vous n’en pouvez plus des récidives de cette mycose résistante, voici quelques conseils :

  • Rechercher des facteurs favorisants comme une antibiothérapie, un diabète ou une grossesse, et les prendre en charge si possible
  • éliminer une autre cause infectieuse (exemple : herpès, vih…)
  • Réaliser un mycogramme pour éliminer une résistance aux traitements
  • Envisager un traitement de longue durée par voie orale de 8 à 20 jours.
  • Préférez des sous-vêtements en coton, lavables à 60°C car ces champignons sont difficiles à évincer.
  • Utilisez des lubrifiants pour éviter les frottements et douleurs lors des rapports sexuels
  • Après être allé à la piscine, rincez-vous immédiatement à l’eau courante et ne gardez pas votre maillot de bain humide
  • Enfin, évitez les excès de sucreries qui nourrissent en même temps vos champignons (ils adorent ça)

Attention ! La mycose n’est pas synonyme de mauvaise hygiène des parties intimes. Alors mesdames, n’adoptez pas non plus un comportement compulsif d’hygiène excessif, car vous obtiendrez alors l’effet contraire. En effet, avec un lavage excessif de vos parties voire même à l’intérieur, vous risquez de perturber et détruire la flore locale, et de là favoriser la survenue d’infections.

Et pour finir,

La mycose n’est pas une maladie sexuellement transmissible, même des femmes encore vierges peuvent l’avoir. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut la négliger quand elle est là ! Surtout ne laisser donc pas traîner, consulter et traiter au plus vite.

D’après un hadith rapporté par Muslim, le prophète (sws) a dit « Ton corps a un droit sur toi, et donne à chacun son droit »

Témoignage: « Ne me parlez plus jamais de mycose. Mon Dieu que ce fut une expérience éprouvante pour ma part. Il y a quelques mois, je suis tombée enceinte de mon premier enfant, et au 2ème trimestre, je me réjouissais d’en avoir fini avec les nausées et vomissements. C’était sans compter ce petit microbe qui est venu bousiller ma vie intime, à la fois sur le plan de mon hygiène personnelle mais aussi de ma vie sexuelle, privant mon mari et moi de plus d’un mois sans rapports… Les démangeaisons sont terribles, on ne pense qu’à ça, et quand on est dehors, ça devient vite infernal à contrôler. Heureusement que les traitements sont très efficaces. Je pensais que c’était du à un problème d’hygiène, mais avec les ablutions 5 fois par jour, et surtout une hygiène irréprochable à ce niveau là (d’autant plus quand on est mariée), je ne comprenais pas trop, jusqu’à que la sage femme m’explique que notre flore vaginale était fragilisée pendant la grossesse… Hamdoullilah, le traitement, très efficace, a été une véritable ni’ma et m’a bien soulagée pendant les épisodes. Actuellement, n’étant plus enceinte, je n’ai plus eu ce désagrément, et je ne peux que m’en réjouir ! En tout cas un conseil les filles, n’attendez pas pour traiter (de toute façon, vous n’y arriverez pas). »

Et vous ? Vous avez déjà eu des épisodes de mycoses ? N’hésitez pas à venir partager vos conseils et témoignages. 

2 Comments
  • 17 juillet 2019
    reply
    Jamy

    Article très complet et très accessible! Merci!

  • 19 juillet 2019
    reply
    Aime

    Indispensable pour traiter les mycoses, les prévenir, rééquilibrer la flore vaginale après traitement antifongique et antibiotique, et ce quasiment sans effets secondaires: les probiotiques !!!

    Il existe des souches spécifiquement étudiées pour rééquilibrer la flore vaginale (notamment les Lactobacillus rhamnosus, gasseri, crispatus et jensenii), sachant qu’un complément alimentaire probiotique doit en comporter au minimum 10-15 milliards (mieux : 50 milliards ou + en cure d’attaque) pour être efficace. (Ex. la gamme Garden of Life Vaginal Care ou Women’s).

    Aussi, si le complément comporte un grand nombre de souches différentes (10-40), cela ne sera que bénéfique pour la flore intestinale également.

    D’ailleurs, je suis étonnée (ou pas…) que la prise de probiotiques ne soit pas automatiquement prescrite à l’issue d’un traitement antibiotique. Rares sont les médecins en France à le recommander. Car même la prise de yaourts est largement insuffisante pour contrer l’effet dévastateur des antibios sur la flore bactérienne… Pensez feu de forêt et reforestation, deux petits arbustes ne suffiront et ne survivront pas, et le terrain (= système immunitaire) restera vulnérable à toute aggression climatique ultérieure (mycoses)…

    Pour traiter les mycoses, le mieux serait de combiner une cure de 14-30 jours par voie orale (poudre ou gélules), ainsi que des gélules probiotiques à introduire par voie intra-vaginale (ex. Medigyne) au coucher.

    À bannir également: le lavage des parties intimes au savon ou au gel douche, dont le pH n’est pas du tout adapté à celui des muqueuses. Utiliser de préférence que de l’eau ou un gel lavant intime au pH neutre, à l’idéal en bio et comportant de l’acide lactique.

    Autre possibilité: préparer 1L de rinçage de toilette à l’eau en y diluant 1-2 càS de bicarbonate de soude, ainsi que quelques (!) gouttes d’huile essentielle de Tea Tree aux propriétés antifongiques (conseil de ma sage-femme).

    Il existe aussi des unidoses de gel à l’acide lactique appliquable en intra-vaginal, ce qui servira de « terreau » à la réimplantation des bonnes bactéries que sont les probiotiques.

    Et tous ces conseils ne serviront à rien si Monsieur ne se fait pas traiter en parallèle, en appliquant la crème antifongique sur ses parties intimes. Même s’il jure ne pas avoir de symptômes, ce qui est fréquemment le cas, ne pas traiter Mr. aura un effet ping-pong sur la santé du couple.

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